Les étapes de culture des légumes
Chaque semaine, les maraîcher·ères garnissent nos paniers de légumes locaux et de saison. Mais savez-vous comment protéger les poireaux de la mouche qui les dévore ? ou encore que le chou que nous mangeons en janvier a été planté au mois de juin dans les champs ?
Pour découvrir le cycle de culture des légumes au fil des saisons, et les soins apportés par les maraîcher·ères pour faire face aux aléas, le Réseau AMAP IdF vous propose une série d'outils de sensibilisation.
Pour chaque légume présenté, vous trouverez un frise illustrée, une vidéo et une plaquette à imprimer. Cette série d'outils a été conçue pour mieux comprendre le travail acharné des paysan·nes pour nous fournir des légumes tout au long de l’année.
A utiliser pour sensibiliser les amapien·nes, les curieux sur le salon des asso, ou sur votre site internet !
Les étapes de production de la tomate
SEMIS— Mars
Au mois de mars, Andrea lance ses semis de tomate sous abri, en pépinière dans du terreau. Les graines ont besoin de chaleur pour germer tout comme la plante pour pousser, Andrea peut ainsi utiliser une nappe chauffante pour accélérer la germination et la croissance des plants. La tomate est un légume du sud qui a besoin de chaleur.
PLANTATION -Avril
Comme Andrea travaille sur une ferme mécanisée, elle va travailler le sol avant la plantation en profondeur avant la plantation pour permettre aux racines de bien se développer. Comme la tomate est une plante gourmande (avec des besoins nutritionnels important), Andrea aura apporté, au préalable, un amendement type fumier ou bouchon d’engrais bio.
Sous serre, Andrea plante ses tomates sur bâches tissées trouées, à 10-15 cm de profondeur, principalement pour éviter le désherbage. Les plants mesurent, à ce stade, environ 40 cm. Après un arrosage important lors de l'implantation des plants, on attend environ trois semaines avant de réaliser un nouvel arrosage, afin de permettre aux racines de bien s'ancrer dans le sol. L’arrosage doit, par la suite, se faire de manière régulière, en goutte à goutte, pour éviter le « cul noir » de la tomate.
FRUCTIFICATION - Début juin
Cette année, Andrea a choisi des ficelles comme système d’attache pour les plants de tomate. C’est une étape très importante car cela permet de maintenir les plantes droites, favorisant ainsi une meilleure circulation de l'air et réduisant les risques de maladies. Au quotidien pour Andrea, le tutorage optimise l'accès aux fruits, pour la récolte et la taille.
Environ six semaines après, début juin, Andrea se réjouit de voir les fleurs des plants de tomate apparaître, les pollinisateurs ont bien travaillé.
Chaque semaine, il est nécessaire de tailler les plants afin de favoriser une croissance verticale et de limiter les maladies. En effet, Andrea reste attentive aux champignons (botrytis, alternaria…) et aux insectes ravageurs (punaises, pucerons) de la tomate. Ainsi, le mildiou est une maladie causée par un champignon, qui se développe surtout quand il fait humide. Il attaque les feuilles, les rendant jaunes et brunes avant qu'elles ne tombent.
En prévention, la maraîchère peut passer des purins pour stimuler les défenses immunitaires de la plante, tailler drastiquement les feuilles ; le purin d’ail est également efficace pour lutter contre les pucerons grâces à ces propriétés antifongiques et répulsives.
RECOLTE - De juillet à octobre
Le moment tant attendu pour Andrea : savourer ses premières tomates ! La récolte débute à partir de juillet, avec des cueillettes des fruits environ deux fois par semaine, dès que la tomate atteint une couleur rouge, orange ou jaune en fonction des variétés.
DEGUSTATION - De juillet à octobre
Après la récolte, les tomates sont soit distribuées directement dans les paniers AMAP soit conservées dans un réfrigérateur, à une température assez basse, dans des caisses bien à plat pour éviter tout écrasement.
On les adore en salade, en tarte, coulis et autre sauce !
Les étapes de production du poireau
SEMIS— Mars
Le poireau détient le record du légume le plus long à produire ! 6 à 8 mois après la plantation !
Andrea a deux options : acheter ses plants de poireaux chez un semencier ou les cultiver elle-même. Le choix dépend des années, de la charge de travail et du nombre de plants à produire. Cette année, comme une grande majorité des maraîcher·ères bio d’Île-de-France, elle opte pour l’achat des plants. D’habitude, Andrea sème les graines de poireaux dans des terrines (ou en pleine terre sur un bout de planche dans la pépinière) au mois de mars, sous abri.
PLANTATION — Courant juin
Deux mois et demi après le semi, les plants font environ 8 à 12 cm. Ils sont repiqués en pleine terre, généralement au printemps, quand les températures sont plus clémentes. Andrea va bien préparer le sol : elle l’enrichit puis puis retire toutes les herbes concurrentes du poireau. Pour stimuler la croissance des poireaux et favoriser leur enracinement, Andrea peut les « habiller », cela signifie raccourcir les feuilles et couper les racines à 1 ou 2 cm de la base avant de les planter bien profondément. Après plantation, elle désherbe régulièrement les planches de poireaux au sarcloir.
DÉVELOPPEMENT — Mi-août
Un mois et demi après la plantation, Andrea va commencer le buttage autour de chacun des poireaux. Cette technique consiste à enterrer partiellement les tiges du poireau afin de favoriser le blanchiment de la plante. Le buttage se fait généralement en plusieurs étapes pendant la croissance des poireaux, en rajoutant progressivement de la terre autour des pieds des plants.
Le principal ravageur du poireau : la mouche ! Pour les protéger, Andrea installe les voiles anti-insectes dès que les plants sont en pleine terre. Les mouches pondent des oeufs à la base des poireaux, et quand les oeufs éclosent, les larves pénètrent dans les tiges et se nourrissent des plantes. Cela affaiblit les poireaux, les rend plus vulnérables aux maladies et les abîme, ce qui réduit leur qualité et leur taille.
Les poireaux ont besoin d’être irrigués très régulièrement en petite quantité, Andrea veille ainsi à les arroser régulièrement et choisit souvent de les pailler pour conserver l’humidité.
RÉCOLTE & DÉGUSTATION — De novembre à février
Andrea récolte ses poireaux à la main, régulièrement pour garnir ses paniers. Le poireau se conserve aux champs et se mange cuit, à l’étouffé à la poêle, en soupe, en quiche mais aussi rôti ou à la vapeur pour le manger froid en vinaigrette. On le retrouve partout l’hiver !
Les étapes de production du chou :
SEMIS -Début mai
PLANTATION - Début juin
Depuis quelques années, Andrea plante ses jeunes choux en pleine terre dès le mois de juin, ce qui permet de mieux gérer la sécheresse qui sévit ces dernières années. Le chou a besoin d’être bien irrigué à sa plantation, et très régulièrement pendant toute sa croissance ; il craint également les coups de chauds.
DEVELOPPEMENT - De juin à octobre
Malheureusement, même en appliquant toutes ces techniques, l'altise peut parfois se manifester en grande quantité, mettant ainsi en péril la production.
RECOLTE - D'octobre à février
Andrea va commencer la récolte des choux rouges 120 jours après le repiquage, dès le mois d’octobre. Notre chou lisse, blanc, vert ou rouge sera ainsi conservé dans des caves au frais ou distribué dans les paniers rapidement, tandis que ses compagnons chou frisé, chou de Bruxelles resteront au champ.
DEGUSTATION - D'octobre à février
Qui aurait cru que le chou que l’on mange à l’automne ou l’hiver a été planté au mois de juin ?
Certains choux, comme le chou rouge, peuvent se manger crus, coupés finement et mélangés avec des noix, des pommes ou en coleslaw. D'autres sont très appréciés fermentés : en choucroute ou en kimchi dans sa version coréenne. Sans oublier la soupe aux choux ou la potée !
Illustration © Chloé Adelheim
LA COURGE
SEMIS- début mai
Les courges - potiron, potimarron, butternut, shiatsu, courge musquée, courge spaghetti... - arrivent dans nos paniers à l’automne mais Andrea a commencé les semis au mois de mai et la plantation des jeunes plants de courge au mois de juin.
PLANTATION - début juin
Cette année 2024, marquée par un taux de pluviométrie exceptionnelle, les jeunes plants ont été durement attaqués par les limaces après leur transfert en pleine terre. Habituellement, Andrea compte sur la faune sauvage (notamment les vers luisants) pour réguler la population de ravageurs et ainsi limiter les pertes. Mais cette année, la prolifération de limaces a parfois été hors de contrôle. Pour ne pas tout perdre, Andrea a passé des heures à « récolter » des seaux de gastéropodes et a dû utiliser de l’anti-limaces. Gare aussi aux autres ravageurs que sont les mulots, attirés par les bâches utilisées pour planter les courges, ils ont trouvé refuge sous ces dernières pour établir leur nid ainsi que leur garde-manger.
FRUCTIFICATION - mi-juillet
Une fois cette première menace écartée, Andrea peut laisser la nature faire son travail : le plant s’enracine, se développe, fleurit et, après la pollinisation, les premiers fruits arrivent.
Là encore, Andrea constate que l’humidité et la faible luminosité ont un impact sur le nombre de fruits et sur leur croissance : la récolte sera moins bonne cette année mais un nouveau danger pour les courges pointe son nez. La pluie n’a pas permis aux courges de bien sécher dans les champs.
CONSERVATION - d'octobre à avril
Dans les lieux de stockage, le taux d’hygrométrie est particulièrement élevé et rend dans un premier temps l’utilisation du chauffage impossible.
C’est alors la conservation des courges, que nous mangeons parfois jusqu’au printemps, qui est en péril. Cette année, Andrea prévoit une perte de courges plus importante que les années passées en raison de l’humidité, qui risque d’abîmer les légumes plus rapidement.
DEGUSTONS - d'octobre à avril
Les courges sont distribuées dans nos paniers à partir d’octobre et jusqu’à épuisement des stocks. Il ne nous reste plus qu’à les cuisiner, en soupe, en gratin, en purée, rôties au four ou encore dans de beaux gâteaux fondants. Et à les déguster !
Illustration © Chloé Adelheim
Cette infographie a été réalisée grâce au soutien financier de :