29 avril 2022

Les prix s’envolent… nos paysan·nes ont besoin de soutien !

Avec la crise du COVID et plus récemment la guerre en Ukraine, de nombreuses matières premières ont vu leur prix s'envoler. Si le sujet préoccupe les foyers dans leur quotidien, le monde agricole n'est pas épargné. Nos paysan·nes en AMAP non plus… Soutenons-les ! 

Quand on parle de matières premières qui flambent, on pense d'abord à l'énergie. La hausse des prix dans ce domaine se répercute évidemment sur les charges des fermes en partenariat AMAP sur leurs dépenses de carburants (le diesel a augmenté de 30% en moyenne entre le 1er trimestre 2021 et le 1er trimestre 2022) et de combustibles. Mais ce ne sont pas les seules matières premières impactées que constatent les paysan·nes, comme le démontrent les exemples remontés dans le Réseau AMAP IdF :

En maraîchage, production végétale :

  • Semences : en 2018, un maraîcher déboursait 54€ pour ses semences de haricots. En 2022, elles lui coûtent 76€, soit plus de 40% en 4 ans !
  • Terreau : le sac de substrat est passé de 6.75€ en 2018 à 9.93€ cette année soit 47% d'augmentation en 4 ans. Il faut souvent 30/40 sacs de terreau en plus !
  • Films de protection des cultures : une augmentation de 55% sur une année est constatée en Région nantaise.
  • Serres : Un devis établi en décembre 2019 chiffrait à 4500€ une nouvelle serre. Son actualisation début 2022 fait passer l'investissement à 9500€… Le prix a plus que doublé en 2 ans ! Il en est de même pour le matériel de réparation des serres…

En élevage, notamment de volailles :

  • Alimentation animale : Depuis le début d'année 2022, la tonne d'alimentation pour les poules est passée de 700€ à 800€, soit 15% en 4 mois... et les répercussions de la guerre en Ukraine ne sont pas encore mesurées !
  • Poussins : la mortalité des reproducteurs accrue par l'épidémie de grippe aviaire a pour conséquence des tensions sur les approvisionnements en poussins et donc leurs prix.

En plus de ces hausses de charges, les paysan·nes font également face à des ruptures de stock sur du matériel et des petits équipements (irrigation, bâches…) et doivent chercher des alternatives, quand elles existent, plus coûteuses et/ou de moins bonne qualité.
Malheureusement, ces dépenses supplémentaires s'ajoutent à d'autres hausses, comme par exemple les cotisations à la MSA (Mutuelle Sociale Agricole). Ainsi, un maraîcher en AMAP avec une centaine de paniers et un résultat d'exercice constant a vu ses cotisations augmenter de 75%.

Des répercussions pour les fermes

Face à ces hausses et sans augmentation du prix du panier, un·e paysan·ne n'aura de choix que de réduire sa rémunération et/ou de renoncer à l'embauche d'un·e salarié·e pour l'aider. Il·elle peut aussi devoir reporter certains investissements ou limiter certains achats comme les films de protection, induisant une charge de travail supplémentaire pour des travaux de désherbage, de travail du sol ou de réparation des équipements à prolonger.

Alors en tant qu'amapien·ne, on fait quoi ?

En premier lieu, et dans l'esprit de la Charte des AMAP et de son principe de solidarité, il appartient à chaque groupe AMAP de se soucier des problématiques de la ferme et d'engager la discussion avec son ou ses paysan·nes partenaires pour mesurer l'impact de ces dépenses supplémentaires. Les sujets financiers sont souvent difficiles à aborder, d'autant que les problèmes de renouvellement des paniers fragilisent déjà l'équilibre financier des fermes.

Pour soutenir vos paysan·nes, vous pouvez être à l'initiative de plusieurs solutions :

  • Proposer de vous rendre plus souvent sur la ferme (des visites rendues moins fréquentes avec la crise COVID) : collectivement, des désherbages ou des récoltes, à visée pédagogique pour les amapien·nes, peuvent aussi soulager votre paysan·ne ;
  • Proposer un avenant au contrat AMAP ou mettre en place une cagnotte solidaire peuvent couvrir tout ou partie de la hausse des dépenses de manière ponctuelle ;
  • Se projeter dès à présent sur la saison suivante pour envisager une augmentation du prix ou du nombre de paniers, pourquoi pas avec des paniers solidaires.

Et en tant que paysan·ne, comment ne pas rester seul·e ?

Au-delà des solutions à construire avec vos groupes AMAP, Lucie du Réseau AMAP IdF peut vous accompagner sur comment fixer le prix de son panier, comment bien communiquer avec ses amapien·nes et bien d'autres sujets. Contactez-la si vous ne savez pas comment résoudre les problèmes liés aux augmentations de vos charges, évoqués dans cet article.

 

Par Claire et Lucie, salariées du Réseau

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