30 sept 2021

Les amapien·nes d'Ile-de-France sont-ils des bobos ?

En février 2021, le Réseau AMAP Ile De France a lancé une étude de sciences sociales sur les amapien·ne·s de la région francilienne. En cherchant à savoir « Qui sont les amapien·ne·s d’IDF ? », nous avons souhaité nous concentrer particulièrement sur les enjeux de classe et de genre. Avec ces deux prismes d’enquête, Manon, notre stagiaire en charge de l’étude pour 6 mois, a réalisé un questionnaire, des observations lors de distributions mais aussi des entretiens individuels et collectifs d’amapien·ne·s. Dans ce travail, elle a été accompagnée par Noémie et Mathilde, salariées du Réseau, ainsi que plusieurs administrateur·trices. Cet article et le précédant restituent donc en partie cette recherche.

« Alors, les amapiens sont-ils des bobos ? », c’est la question que posait Claire Lamine en 2007 dans son livre Les AMAP : un pacte nouveau entre producteurs et consommateurs à propos du mouvement alors encore tout récent. Loin de répondre à cette question, elle la pose tout de même, et l’on retrouve d’ailleurs souvent cette association du « bobo allant chercher son panier dans son AMAP » dans de nombreux discours.

Extrait de la BD de Fab Caro "Formica, une tragédie en 3 actes"

En effet, les quelques caractéristiques socio-économiques des répondant.e.s que nous avons pu tirer du questionnaire montrent pourtant des éléments similaires à la figure du « bobo » ou de la « creative class » de Richard Florida. Les amapien·ne·s d’Ile-De-France (IDF) ayant répondu au questionnaire sont un groupe assez homogène, en grande majorité ils et elles possèdent un capital culturel et économique très important. Plus de 55% des répondant·e·s ont au moins un BAC+5, et plus de 50% des foyers gagnent plus de 40 600 euros par an. Des chiffres bien loin de la répartition plus hétérogène existante dans la population globale de la région francilienne.

Pour autant, quel intérêt à parler de bobos ? Qu’est-ce que cela veut dire concrètement de catégoriser les amapien·ne·s comme des bobos ? Pour les chercheurs en sciences sociales Jean-Yves Authier, Anaïs Collet, Colin Giraud, Jean Rivière et Sylvie Tissot, ayant participé à l’écriture du livre Les bobos n’existent pas, ce terme très répandu dans le langage médiatique et politique de notre quotidien est censé incarner la nouvelle classe des privilégiés économique et culturel. Les auteur·e·s sont très critiques de ce concept et lui préfèrent des notions tirées des sciences telles que la « gentrification », bien plus précise pour expliquer voire parfois dénoncer ces phénomènes de classe. Finalement, l’introduction de la figure du « bobo » dans notre imaginaire collectif vient effacer ou remplacer le personnage du « bourgeois ». Son usage vient souvent uniformiser des réalités qui sont complexes, et ne cherche pas à déconstruire ou expliquer les inégalités et différences qui peuvent exister entre les individus.

Les biais quant à vouloir catégoriser les amapien·nes d’IDF se retrouvent également dans le fait qu'un peu plus de 10% des 20 000 foyers amapien·nes de la région ont répondu au questionnaire. Si cela reste un chiffre très important pour ce type d'enquête, nous ne pouvons prétendre qu'il représente "les amapien·nes" d’IDF. Les résultats de ce questionnaire doivent au contraire appuyer des hypothèses et des tendances depuis longtemps mises en avant par d’autres chercheurs et chercheuses sur les AMAP. Patrick Mundler en 2006, produit une enquêtes sur 7 AMAP en Rhône-Alpes où il démontre que la plupart des adhérent.e.s aux groupes sont des classes moyennes supérieures avec un niveau d’étude élevé. Erik Zolotoutknine parvient aux même conclusions en 2010 avec une enquête en ligne réalisé auprès de 900 amapien.ne.s en IDF.

Parmi les biais créées par un questionnaire en ligne relayé à partir des adhérent.e.s relais et de la lettre d’info du Réseau, on peut se demander qui sont ceux qui ne répondent pas à cette enquête ? Ceux.celles qui n’ont pas facilement un accès à internet, ceux.celles qui sont peu à l’aise avec l'outil numérique, ceux.celles qui sont dans des AMAP peu en lien avec Réseau, ceux.celles qui ne regardent pas vraiment leur mails, …et ceux.celles qui ne se sentent pas légitime à y répondre.

De plus, l’analyse quantitative de ce questionnaire est basée sur des catégories, elles-mêmes inspirées de l’INSEE, l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques qui norme des types d’emplois par exemple pour en faire des groupes : les fameuses CSP, les Catégories Socio-Professionnelles. Dans le cadre de notre étude cette catégorie est la plus représentée. 54% des répondant.e.s au questionnaire sont des cadres du supérieur, un groupe privilégié avec un haut niveau d’études, un emploi stable et pourtant une catégorie très large et qui comprend des personnes moins privilégiées. Notamment les personnes travaillant dans le secteur culturel avec des emplois précaires. Une analyse purement quantitative réalisée sur un grand groupe donne finalement une analyse peu précise, c'est pourquoi notre étude s’est aussi appuyée sur des observations et des entretiens.

Quels sont les freins à l’accessibilité du modèle AMAP en Ile-de-France ?

Les résultats du questionnaire rendent visible l’apparente absence de certains groupes d’individus, notamment les personnes avec de faibles revenus : 0,5% des répondant.e.s sont des ouvrier.ère.s,, moins de 5% sont en Contrat à Durée Déterminée et 3% n’ont pas le baccalauréat ou un diplôme équivalent. Mais aussi, 4% sont au chômage ou au foyer. On est donc loin d’une démocratisation du système d’AMAP au plus grand nombre.

Pourtant, le sujet de l’accessibilité à tous et toutes est pourtant parmi les principes fondateurs de la charte des AMAP : « Principe 3 : Une alimentation de qualité et accessible (…) chaque AMAP cherche à élargir l’accessibilité d’une telle alimentation à toutes et tous ».

Ce sujet est aussi présent dans les orientations et préoccupations du mouvement dès le départ et encore aujourd’hui. En 2004, l’assemblée Générale d’Alliance Provence déclare l’accès aux personnes à faible revenus prioritaires. En Ile-de-France, un groupe de travail « solidarité » est créé dès 2006 pour recenser toutes les démarches et expériences allant dans ce sens. Aujourd’hui, le MIRAMAP organise un cycle de conférence avec des intervenant sur ces sujets tous les mois.

Des freins matériels qui peuvent sembler évidents…

Lors des entretiens ce sont les freins liés aux inégalités économiques et financières qui semblent évidents aux yeux des amapien.ne.s interrogé.e.s. Pourtant, un article de Patrick Mundler, « Le prix des paniers est -il un frein à l’ouverture sociale ? » tend à démontrer que les prix pratiqués ne sont pas plus chers que ceux dans le commerce, et parfois moins cher.

Néanmoins, le problème ne se situe peut-être pas au niveau du prix du panier mais plutôt de l’engagement financier qu’il représente. Tous les foyers ne sont pas en capacité de débourser le budget associé à un contrat de 6 mois ou 1 an en une seule fois (même si dans de nombreuses AMAP le paiement se fait en plusieurs chèques), ni même de s’engager financièrement sur le long terme s’ils n’ont pas d’emploi stable. Ce qui peut entre autre expliquer le fait que moins de 5% des répondant.e.s au questionnaire soient en Contrat à Durée Déterminée.

(…) mais en tout cas c’est un engagement. Par exemple, pour mon panier de légumes, moi je m’engage un an. Et donc, même si je peux faire le chèque en 3 ou 4 fois quand même il faut… bah voilà quoi ! Quand je signe le contrat, je m’engage à dépenser je sais même plus combien, mais ça doit être de l’ordre de 500 euros pour l’année. J’imagine que ça doit faire peur à des gens qui n’ont pas beaucoup d’argent, mais ça c’est un truc qu’on voit vraiment et on en discute à l’AMAP » (extrait d’un entretien)

Le système de paiement et engagement à l’avance est pourtant essentiel pour l’objectif de maintenir l’agriculture paysanne.

Comme le souligne le rapport d’ATD Quart-Monde « Se nourrir lorsque l’on est pauvre », lorsque les personnes sont dans une situation précaire financièrement, s’alimenter n’est plus lié à la notion de plaisir. En effet, bien se nourrir n’est plus la priorité. Se nourrir devient une question de survie souvent source de tensions et de stress.

« Je pense qu’il y a un peu cette idée que ce genre de questionnement sur comment on consomme, et pourquoi et est-ce que on peut mieux consommer, elle vient une fois qu’on a un confort en fait. Une fois qu’on a tout ce qu’on veut. Moi je ne l’ai pas eu à 20 ans quand j’étais étudiante et que je n’avais pas beaucoup d’argent et puis je n’avais pas ce genre de préoccupation non plus. Je pense que ça vient une fois qu’on est bien installé en quelque sorte, et que on a réglé les autres problèmes et qu’on a plus trop de question à se poser, enfin on sait qu’on est confortable. » (Extrait d’entretien)

« Je suis arrivé en France il y a 13 ans, et du coup quand je suis arrivé j’étais stagiaire, j’avais fini les études, j’avais quelques tout petits boulots. J’étais dans la précarité, donc j’avais une bourse tout ça. Donc si tu veux pour moi l’alimentation, c’était plutôt la survie alimentaire. » (Extrait d’entretien)

Finalement, c’est à partir du moment où les personnes obtiennent une stabilité financière, autrement-dit un pouvoir d’achat, qu’elles s’engagent dans les AMAP.

« Et après, petit à petit, j’ai eu un enfant, et après le boulot est arrivé, un peu plus stable disons. Et du coup, j’ai quand même pris conscience avec l’enfant, et puis aussi parce que j’ai pris un peu de pouvoir d’achat, que je voulais mieux manger, et que je ne voulais pas donner n’importe quoi à mon fils. » (extrait d’entretien)

Un manque d’éducation alimentaire chez « les autres » ?

Amapien.ne.s d’IDF semblent tous avoir eu une éducation à l’alimentation, grandit dans des familles qui cuisinaient, avec des repas régulier et équilibré.

« J’ai grandi avec une maman (…) qui ne cuisinait pas non plus énormément de viandes, mais on mangeait de tout. (…), j’ai toujours mangé de tout, beaucoup de légumes. Mes parents mangeaient de tout, mais bon ils faisaient attention aux sucreries tout ça. Après mes parents en vieillissant, faisaient attention à ce qu’ils mangeaient et étaient attirés par tout ce qui étaient naturel. Aussi, on aimait bien se faire plaisir donc mon modèle alimentaire, c’est un peu ça. (…) de manière générale même chez nous on ne mangeait pas trop de produit très transformé ou très industriel. Donc, ma mère même si elle ne cuisinait pas énormément, on n’était pas habitué à manger des pizzas, des burgers ou des choses comme ça. J’ai gardé un peu ce modèle-là. » (Extrait d'entretien)

« (…) par contre j’appartenais à une famille, où les femmes étaient de très bonnes cuisinières donc peut-être c’est ça qui a un moment m’a donné une orientation en termes de préoccupation, de ce qu’on mange, de bien manger. » (Extrait d'entretien)

En effet, l’apprentissage de la cuisine, du goût et des normes autour de l’alimentation se fait dès l’enfance. Aussi, il est donc peu surprenant de voir chez les amapien.ne.s d’IDF interrogé.e.s, la volonté de chercher une alimentation à partir de produits bruts et sains avec les AMAP.

Pour autant, ces injonctions imposées par la société peuvent avoir un effet très stigmatisant auprès de certains publics. Comme le révèle ATD Quart Monde, l’angoisse liée à l’alimentation chez les populations précaires est liée aux injonctions incompatibles avec leurs situations. Par exemple, les messages de préventions du gouvernement ou des organisations sont perçus comme infantilisants et culpabilisants. On retrouve cette culpabilisation des individus dans le commentaire de cet amapien anonyme, qui accuse les individus d’un manque d’éducation à une alimentation saine chez les personnes précaires. Cela se retrouve dans certains des entretiens individuels.

« (…) je considère que si on veut vraiment changer le monde et tout d'abord avoir une alimentation de qualité, quel que soit son revenu, on peut : il faut juste consentir à reverser ce qu'on consacre à d'autres postes de dépense et revoir ses priorités. Aujourd'hui, c'est les téléphones portables, les abonnements, les ordinateurs, voire les plates-formes de streaming, sans compter les fringues de marques pour les ados (et je ne parle ni des cigarettes ni de l'alcool) que certaines personnes "à bas revenus" dépensent bêtement leurs allocations. Ce serait plutôt là-dessus qu'il faudrait agir, pour éduquer. Je refuse, quant à moi, de payer mon panier plus cher pour d'autres amapiens alors que mon propre maraîcher ne s'est pas dégagé de salaire pendant des années, qu'il travaille 7 j sur 7, la plupart du temps avec une seule semaine de vacances dans l'année ! C'est une question de justice et je préfère qu'on rémunère le travail à sa juste valeur, et non qu'on tombe dans l'assistanat ! » (Commentaire dans le questionnaire)

Ce discours ne prend pas en compte les conditions structurelles qui ont mené à cette situation. De plus, bien souvent loin d’avoir un déficit éducatif, c’est-à-dire un manque de connaissance à propos de qu’est-ce que la « bonne et saine alimentation », ces personnes sont plutôt face une difficulté d’accès.

Cette rhétorique de « l’éducation à l’alimentation » à des effets très pervers, et infantilise les personnes ne correspondant pas, ou n’appliquant pas ces normes alimentaires ; par conséquent, elle les exclut de fait de cette alimentation car ils se sentent illégitimes à appartenir à ce groupe.

Gabriel Montrieux et Jean-Baptiste Parathoen, deux jeunes chercheurs en sciences sociales ayant travaillé sur les AMAP mettent en avant ces mêmes phénomènes d’exclusions. Gabriel Montrieux notamment, cherche à comprendre comment se construit l’idéal amapien au sein de trois AMAP Lyonnaises. Il attire l’attention sur ce qu’il appelle la norme morale « écocitoyenne » qui vient conditionner les injonctions sociales au sein des AMAP. D’après ses observations et entretiens, les amapien.ne.s sont invités à catégoriser les bonnes ou mauvaises pratiques en faveur de l’écologie.

Par conséquent, favoriser ce discours au sein des AMAP, loin d’attirer des profils divers et de démocratiser le modèle, entretient un entre-soi de « bons mangeurs ».

Un entre-soi propre aux AMAP, un frein majeur à son ouverture sociale ?

Jean-Baptiste Parathoen, quant à lui, observe la même chose au sein d’une AMAP rurale située dans une commune plutôt populaire. Selon lui, les normes alimentaires et de santé véhiculées par les amapien.ne.s sont très clivantes socialement et sont liées à un niveau capital culturel élevé. Il semble exister une frontière symbolique entre ces amapien.ne.s et d’autres groupes sociaux du fait de ces pratiques différentes. Dans les entretiens qu’il a pu mener, on ressent un mépris de classe fort et donc une mise à distance symbolique avec ceux qui n’adopteraient pas les mêmes comportements. Logiquement, un entre-soi se renforce et l’homogénéisation des adhérent.e.s s’opère.

Fabrice Ripoll a quant à lui travaillé sur la création d’un capital social de proximité au sein des AMAP qui est créé sur la base de la durabilité des relations entre amapien.ne.s. Le type de contrat sur le long terme privilégié en AMAP, amène les amapien.ne.s à se croiser de manière très régulière. Cette création de capital social de proximité, comme il l’appelle sert l’objectif d’aider l’agriculture paysanne puisqu’elle permet d’éviter la volatilité du groupe d’adhérent.e.s mais aussi rapprocher les paysan·nes des mangeur.ses. En effet, la création d’interconnaissance au sein du groupe AMAP est une condition sine qua non pour la pérennité de l’AMAP. Les occasions y sont d’ailleurs multiples : réunions, débat, assemblée générale, pots, visites de ferme…

Néanmoins, ce capital social est loin d’être interclassiste, c’est-à-dire transcendant toutes les classes socio-économiques. En effet comme nous avons pu le voir à partir des résultats du questionnaire, les amapien.ne.s d’IDF sont en majorité des personnes de classe moyennes supérieures avec bien souvent un haut niveau d’études, bien que, en théorie, le seul critère de sélection est avant tout spatial puisque promouvant le local, et que les valeurs semblent universelles.

En réalité, le mode de création des groupes AMAP renforce cette homogénéité sociale. Souvent fondé à partir de petits groupes de militants, associatifs ou relationnels, ils se perpétuent par le « bouche à oreille » voir par cooptation dans certains cas. Fabrice Ripoll met donc en avant l’idée que le capital social ne se crée donc pas forcement au sein du groupe AMAP mais plutôt au préalable de la constitution du projet. Il conclut que finalement, ce qui va plutôt compter pour être admis dans l’AMAP c’est un capital symbolique c’est-à-dire l’adhésion à des valeurs communes.

« (…) enfin ce qui était enthousiasmant et porteur c’était de faire partie d’un même collectif de gens qui partageaient les mêmes valeurs sur la nourriture bio. Globalement, au-delà de la nourriture bio, on a quand même les mêmes opinons politiques et syndicales, même si ce n’est pas forcément le sujet (…) » (Extrait d’entretien)

Les AMAP, un espace où se cristallisent différents systèmes d’oppressions structurelles

Les AMAP sont donc comme nous avons pu le voir un espace dominé par les classes moyennes supérieures où les classes moins aisées ont difficilement accès, mais c’est aussi un espace dominé par les personnes blanches où les personnes racisées sont souvent peu nombreuses.

« Mais ce que je veux te dire, c’est que tu vois, il n’y a pas beaucoup de diversité. J’habite dans un quartier on a plein d’origines. Il y a beaucoup beaucoup de personnes issues de l’immigration. Notamment des pays des ex colonies donc africains, magrébins, … Je n’en vois pas beaucoup à l’AMAP, j’ai peut-être vu un ou deux visages typés différemment, avec une autre couleur de peau mais sinon c’est très… très occidental disons, et c’est ça qui est dommage » (Extrait d’entretien)

Julie Guthman a écrit un article intitulé « If only they knew » sur la blanchité dans les systèmes de CSA (Community Supported Agriculture) et les marchés locaux. Selon son étude, les minorités raciales et surtout les afro-américain.es ne participent pas à ces marchés (ou CSA). Il en va de même pour les ouvrier.ère.s et personnes moins diplômées blanches. Pour elles, les espaces ne sont pas racialement neutres, c’est-à-dire qu’il existe des lieux dominés par les blancs et leurs systèmes de valeurs.

En France il est interdit de faire des statistiques sur l’origine ou l’ethnie des personnes, et les récentes déclarations des membres du gouvernement semblent très hostiles aux rares recherches françaises existantes sur le sujet. Aussi, il parait logique que le sujet n’ait pas été adressé au sein des AMAP jusqu’à présent. Pourtant, il m’a semblé lors de mes observations que cette question de la blanchité du mouvement était évidente mais pratiquement invisibilisée aux yeux des amapien.ne. s.

« Bon cela dit ce qui me frappe dans notre AMAP c’est qu’il y a que des Montreuillois sur notre AMAP, certains viennent d’autres cultures, sont anglais, espagnols, il y’a beaucoup de brassage à Montreuil mais je pense que ça reste toujours dans la même classe socio professionnelle » (Extrait d’entretien)

Par Manon Lalliot, stagiaire au Réseau AMAP IdF, juillet 2021

Bibliographie

Authier, Jean-Yves, Collet, Anaïs, Giraud. Les bobos n’existent pas. 2018. Presse Universitaire de Lyon.

Florida, Richard. The Rise Of The Creative Class: And How It’s Transforming Work, Leisure, Community And Everyday Life. New York: Basic Books, 2002

Guthman, Julie. « “If They Only Knew”: Color Blindness and Universalism in California Alternative Food Institutions ». The Professional Geographer 60, nᵒ 3 (août 2008): 387‑97. https://doi.org/10.1080/00330120802013679.

Lamine, Claire, et Nathalie Perrot. Les AMAP : un nouveau pacte entre producteurs et consommateurs ? Gap, France: Editions Yves Michel, 2008.

Montrieux, Gabriel. Organiser les proximités alimentaires. Éducagri éditions, 2016. https://www.cairn.info/alimentation-et-proximites--9791027500826-page-267.htm.

Mundler, Patrick. « Le prix des paniers est-il un frein à l’ouverture sociale des AMAP ? Une analyse des prix dans sept AMAP de la Région Rhône-Alpes ». Économie rurale. Agricultures, alimentations, territoires, nᵒ 336 (15 juillet 2013): 3‑19. https://doi.org/10.4000/economierurale.3983.

Paranthoën, Jean-Baptiste. « Processus de distinction d’une petite-bourgeoisie rurale ». Agone n° 51, nᵒ 2 (2013): 117‑30.

Ripoll, Fabrice. « Forces et faiblesses des AMAP et dispositifs apparentés », 2013, 161.

Ramel, M., H. Boissonnat-Pelsy, C. Sibué-De Caigny, et M.-F. Zimmer. Se nourrir lorsqu’on est pauvre. Analyse et ressenti de personnes en situation de précarité. Publié dans la revue Quart Monde n° 25. Dossiers et documents. Paris: Editions Quart Monde, 2016.

Zolotoukhine, Erik. “Amap pourquoi adhère-t-on ? », mémoire dans le cadre d’un cours de sociologie du CNAM. 2012.

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