11 mars 2026
Food for thought 1/3
Depuis un mois, je pars à la rencontre de nos partenaires et des candidat·e·s aux Municipales pour faire connaître les AMAP et leurs enjeux lors de plusieurs évènements. Ces discussions sont l’occasion d’échanger et de débattre sur les grands sujets qui traversent le mouvement de l’agriculture paysanne aujourd'hui.
Quatre évènements incoutournables :
Des questions centrales pour les AMAP
- L’implication des pouvoirs publics dans la construction de filières locales résilientes
- La conciliation d’un revenu paysan digne et de l’accessibilité alimentaire pour toustes
- La légitimité de l’action citoyenne et les modalités de coopération


Yseult, maraîchère en AMAP, anime un débat entre les listes candidates à la mairie de Paris
1 - L'implication des collectivités territoriales pour relocaliser notre alimentation
Les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) ont vocation à dynamiser la coopération locale pour améliorer l'autonomie alimentaire des territoires. Malheureusement ce dispositif ambitieux porté par le Ministère de l'Agriculture ne se donne pas les moyens de son succès. L’absence de budget significatif ne permet pas d’investir dans des infrastructures ou de garantir des emplois pérennes et attractifs aux personnes compétentes pour lever les verrous d’une généralisation de cette stratégie.
Il existe une multitude de leviers d’action à l’échelle de la commune ou de l’intercommunalité pour maintenir une agriculture paysanne durable sur son territoire. En voici quelques exemples :
- L’accès au foncier. Les collectivités territoriales possèdent souvent elles-mêmes du foncier agricole. Elles peuvent alors installer directement sur ces terres des paysan·ne·s sous différents types de contrats allant de la régie communale à des baux environnementaux longue durée. Sur les aires d’alimentation de captage en eau potable, la commune peut aussi exercer son droit de préemption lorsque des terres agricoles sont cédées.
- La commande publique. La restauration collective est un levier très important de soutien à un certain modèle agricole par la demande. Un approvisionnement des cantines en produits bios et locaux permet de soutenir l’installation et la pérennisation des fermes tout en encourageant le changement des pratiques agricoles.
- La protection de l’eau. La garantie d’une eau potable de qualité constitue l’une des compétences des communes ou intercommunalités. Pour garantir cette ressource de santé publique, ces collectivités peuvent agir sur la réglementation de l’usage de pesticides sur ces zones, faire signer des baux environnementaux et acquérir du foncier par exemple.
- La promotion d’outils de transformation. Pour favoriser la diversification des fermes et la création de filières locales, les ateliers de transformation sont essentiels : abattoirs, légumeries, fromageries, meuneries, etc. Les communes peuvent organiser et soutenir ces projets sur leur territoire.
La co-existence de 2 modèles incompatibles
- Le MAPA : ministère chargé de l’agro-négoce et de l'élevage tourné vers l’exportation.
- Le MDA : ministère du développement agraire et de l’agriculture familiale, tourné vers la préservation de la biodiversité et des fonctions nourricières de l'agriculture familiale, qui fournit 70% des aliments consommés au Brésil.
Le MAPA est doté d’un budget plus de 5 fois supérieur au MDA et cet écart continue à augmenter sous la mandature de Lula qui se dit pourtant favorable à l’agriculture familiale ( source ).
Pour continuer ce débat démocratique sereinement dans nos territoires au cours du mandat à venir, et défendre une réelle souveraineté alimentaire des français·e·s,
Allons voter dimanche !
Maëlle, stagiaire sur la mobilisation citoyenne autour des élections municipales
- Colloque Sécurité Sociale de l'Alimentation : notre prise de notes
- Extrait vidéo de la table ronde : Accès à une alimentation de qualité pour toustes du 14/02, place de la République