19 avril 2026
Food for thought 2/3 : accessibilité alimentaire et revenu paysan
Pendant la campagne des Municipales, je suis partie à la rencontre de nos partenaires et des candidat·e·s pour faire connaître les AMAP et leurs enjeux lors de plusieurs évènements. Ces discussions sont l’occasion d’échanger et de débattre sur les grands sujets qui traversent le mouvement de l’agriculture paysanne aujourd'hui.
Quatre évènements incoutournables :
- Un colloque sur la Sécurité Sociale de l'Alimentation qui a réuni plusieurs dizaines d'initiatives impliquées dans son élaboration.
- La fête paysanne organisée par la Confédération Paysanne IdF, place de la République (animation par le Réseau d'une table ronde sur l'accès à une alimentation durable pour toustes),
- Un débat public autour des transitions agricoles et alimentaires avec 4 listes candidates à la ville de Paris organisé par Bio Consom'acteurs,
- Le Salon International de l'Agriculture avec le lancement du rapport 2026 de Terre de Liens : Faim de démocratie locale !
Des questions centrales pour les AMAP
La richesse des échanges qui ont ponctué les dernières rencontres inter-organisations ci-dessus nous permettent de nourrir notre réflexion sur des questions centrales du Réseau des AMAP Ile-de-France.
Parmi ces questions, vous trouverez dans cette série un focus sur :
- L’implication des pouvoirs publics dans la construction de filières locales résilientes
- La conciliation d’un revenu paysan digne et de l’accessibilité alimentaire pour toustes
- L'éducation populaire et la légitimité de l'engagement citoyen
Le MIRAMAP représenté au colloque SSA pour une discussion sur la démocratie alimentaire
2 - Résoudre l’équation : Accessibilité alimentaire et revenu paysan
La précarité alimentaire a explosé ces dernières années : « Avec plus de 9 millions de personnes ayant recours à une aide alimentaire en 2023, soit trois fois plus qu’il y a dix ans, et 16 % de la population touchée par la précarité alimentaire, le CESE alerte sur une urgence à la fois sociale et sanitaire. »
En cause ? un décrochage à la hausse des prix de l’alimentation par rapport à l’inflation générale et, ce, pour deux raisons : la hausse des coûts de production et les marges injustifiées de certains intermédiaires.
Comment sortir de cette impasse qui oppose une rémunération adéquate des paysan.nes à des prix bas ?
Des initiatives multiples
Les organisations proposent des solutions solidaires diverses et complémentaires :
- Stabilité : en payant ses paniers en avance, on garantit un revenu et une avance de trésorerie aux paysan.nes et on s’assure un coût des denrées fixe. Si la production est meilleure on en profitera aussi, et pas de surprise à la caisse du supermarché ! (AMAP)
- Prix différenciés : un principe d’équité flexible et qui fonctionne plutôt bien, les produits sont accessibles à 3 prix différents et chacun paie en fonction de ses moyens du moment.
- Caisse commune alimentaire : grâce à une contribution mensuelle adaptée au revenus de chaque foyer participant, tous les membres de la caisse reçoivent une somme similaire à dépenser sur des points de vente conventionnés. Il est discuté de rendre universel cette contribution sous la forme d’une cotisation.
- Cuisines collectives : dans les foyers de travailleurs migrants, la vie collective s’organise autour de la cuisine, la nourriture est achetée en commun et les repas sont préparés à tour de rôle. Une façon de mettre en commun les ressources d’argent et de temps.
Un changement d'échelle nécessaire
Les initiatives de circuits courts et de promotion de l’agriculture paysanne s’emparent du sujet de l’accès à l’alimentation pour toustes depuis quelques années. La question du prix est cruciale et la rémunération digne des paysan.nes reste la condition sine qua none du mouvement des AMAP et de nombreux collectifs alliés.
Cependant, nous manquons de moyens (financiers, légaux, techniques, ) pour systématiser ces réponses. En effet, la part de la population concernée par ces projets est toute petite.
A titre d’exemple, le Réseau des AMAP IdF, qui peut être considéré comme un réseau conséquent, compte seulement 0,4% des estomacs franciliens. Les capacités de transformation vers un modèle universel d’Agriculture Paysanne sont donc limitées par cette question d’échelle. Il est ainsi d'autant plus important d'engager une discussion avec les agents et élu.es des collectivités territoriales pour penser un changement structurel qui puisse s'inspirer des initiatives locales décrites ci-dessus.
Désormais les élections municipales sont passées, peut-être que le conseil municipal de votre commune a été renouvelé, c'est le moment de se faire connaître !
Demandez à rencontrer vos élu·es grâce à cette lettre !
Maëlle, stagiaire sur la mobilisation citoyenne autour des élections municipales
- Colloque Sécurité Sociale de l'Alimentation : notre prise de notes
- Débat Public Bio Consom'acteurs : article récapitulatif
- Rapport : Faim de démocratie locale ! Présenté au SIA
- Extrait vidéo de la table ronde : Accès à une alimentation de qualité pour toustes du 14/02, place de la République
