13 juil 2022

Des visites de fermes pour découvrir la richesse humaine et agricole de l’Île-de-France

La coopérative Les Champs Des Possibles, Terre de Liens Île-de-France et nous, le Réseau des AMAP en Île-de-France, sommes regroupés au sein de l'association Abiosol depuis maintenant plus de dix ans. Nous proposons aux futur·es paysan·nes des accompagnements individuel et collectif dans les différentes phases de leur projet. Dans ce cadre, nous organisons formations, visites de fermes, apéro installation… Zoom sur les visites de fermes !

Les visites de ferme ont lieu une fois par mois, sur une demi après-midi. Nous allons à la rencontre d'une ou deux fermes d'un même territoire en abordant une thématique : l'élevage, la culture du cresson, etc. Ces visites sont parfois ouvertes aux amapien·nes et aux bénévoles Terre de Liens en fonction des thématiques !
Les deux dernières visites se sont déroulées en sud Essonne. sur la question de la diversification des fermes maraîchères en AMAP. Le groupe était mixte : 10 porteur·euses de projet et 8 bénévoles Terre de Liens !


Visite des jardins de la Marette à Guillerval

Installation

Damien s'est installé en 2017 après un début de carrière dans le secteur de l'automobile. Amapien et investi chez Terre De Liens, il a passé un diplôme agricole et s'est fait accompagner par Abiosol. Après des discussions, sa commune de Guillerval lui a proposé un terrain de 8600 m², une ancienne cressonnière. Depuis 5 ans, il a transformé ce terrain pour du maraîchage avec du cresson et des poules pondeuses. Le seul investissement que Damien a fait : une petit bâtiment sur d'anciennes fondations.

Agronomie

Damien stocke ses légumes dans une cave naturelle. Il n'y a aucune mécanisation mise à part une tondeuse. Il utilise les techniques de la MSV (Maraîchage sur sol vivant),  agroécologie, permaculture. Damien élève la totalité de ses plants et est de plus en plus autonome sur les semences. Il fait un compost composé de résidus de la cressiculture et de fumier de poules.
Son système est viable économiquement grâce aux trois productions. Il a estimé qu'il passait 4h à s'occuper des espaces verts de la ferme qui est très arborée. Damien est en partenariat avec deux AMAP locales (25 parts) et deux AMAP supplémentaires pour ses oeufs. Il a une vente à la ferme.

Gestion des poules

Damien a deux poulaillers. Ce sont des poules de race Marans, très rustique.
Il garde les poules 2 années puis il les donne. Une durée relativement longue : en moyenne, les aviculteurs gardent leurs poules pondeuses 18 mois.
Il achète un mélange d'aliments à un céréalier bio voisin. Compte tenu que l'alimentation des poules a augmenté de 100 € en deux ans, il paye maintenant 750 € la tonne et va être obligé d'augmenter le prix de ses œufs. Mais il trouve ça difficile de passer la barre symbolique des 3 euros les 6 oeufs.

Et pour Damien ?

Damien arrive à travailler en moyenne 43 heures par semaine et à prendre quelques vacances.
Il trouve qu'après cinq ans d'installation, il a réussi à trouver un équilibre. Il est également satisfait agronomiquement des avancées sur ses planches. Il utilise de moins en moins de bâches et de plus en plus de matériaux recyclables comme le chanvre, la paille, etc.

 

Visite du Gaec Sapousse à Pussay

Installation... il faut parfois du temps pour trouver des terres

Florent et Sylvie ont mis 3-4 ans avant de trouver des terres. Leur installation a été possible grâce à la mairie de Pussay, sur du foncier communal. Ils sont locataires des parcelles avec un bail agricole et propriétaire du hangar et de la maison. Ils auraient préféré être également locataires mais l'investissement était trop important pour une petite commune comme Pussay. Les parcelles couvrent 3,7 hectares au total. Ils cultivent 1,75 hectares dont 2500 m² de serres. Deux compagnons, en formation avec ferme d'Avenir, travaillent avec eux à la ferme ainsi qu'une stagiaire Marine. Ils ont commencé par produire des légumes lors de leur installation, puis l'année suivante des plantes aromatiques et médicinales (PPAM) et enfin, il y a 3-4 ans, les ruches et le laboratoire de transformation. Aujourd'hui, ils produisent 75 parts de légumes en partenariat avec trois AMAP. Ils vendent les produits transformés dans d'autres AMAP ainsi que sur des marchés d'hiver.

 

Une ferme qui accueille une grande biodiversité et une diversité de productions

Nous commençons la visite par les arbres fruitiers, plantés sur 4 fois 2 rangées d'arbres. Les paysan·nes se rendent compte que c'est vraiment très compliqué de gérer les arbres, car c'est au même moment que la saison maraîchère. Ils essayent par exemple de mettre les poules dans les pommiers pour lutter contre la chenille du Carpocapses. Les poules sont censées manger les chenilles de ce papillon pour éviter que les pommiers ne soient touchés. Ils ont implanté les PPAM aux pieds des arbres pour pouvoir s'en occuper au même moment.
La matière organique animale n'est pas disponible sur le territoire, faute d'élevages en Bio. Pour apporter de l'azote naturellement au sol, ils implantent des engrais verts (pois, luzerne..). Ils ont suffisamment d'espace sous serres pour pouvoir faire des tests. Depuis quelques années, ils ont également développé l'accueil pédagogique sur la ferme : Florent et Sylvie reçoivent trois classes par mois pendant la belle saison.

Sylvie et Florent sont investis dans des structures comme l'AFOCG (Association de FOrmation Collective à la Gestion), pour pouvoir faire leur comptabilité eux-mêmes. Ils se réapproprient leurs chiffres et en discutent avec d'autres paysan·nes. Ils font également partie de l'Atelier Paysans : la plupart des outils de la ferme ont été créés en lien avec cette structure.

Le calcul du prix de panier

Florent nous présente les charges de la ferme. C'est une discussion qu'il vient d'avoir également avec AMAP. Cette année, Sylvie et Florent ont pu parler de l'augmentation des charges courantes (prix de l'electricité…) notamment liée à la guerre en Ukraine. Cette discusion permet de savoir comment le prix du panier évolue mais surtout de prendre collectivement les orientations de la ferme.

La diversification grâce au labo de transformation

Nous finissons la visite par la visite du labo de transformation. Florent et Sylvie en sont très contents. En hiver, ils y sont parfois 3 ou 4 jours par semaine. Le matériel du laboratoire a coûté autour de 10 000 €.  Ce labo leur a permis de gagner en confort de travail puisqu'ils y transforment la production de fruits, de plantes aromatiques et médicinales et le miel. Ils  proposent des contrats "transformation diversification" avec les plantes aromatiques et médicinales, des confitures, des tartinables et le miel. Les amapien·nes s'engagent sur deux livraisons et une quantité minimum. À terme, ils aimeraient que cette partie représente 40 % de leur chiffre d'affaires et les légumes 60 %.

Florent et Sylvie sont également très engagés dans des structures associatives, militantes et locales.

 

par Lucie, salariée du Réseau AMAP IdF

 

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