23 déc 2021

Dans la série "Le collectif, c'est nous", ce mois-ci, "Sodeh l’inspirée"

Sodeh est une fille de la ville qui a grandi avec une mère bonne cuisinière et qui ne croit pas au hasard. Un jour, en 2010, elle recherche un site d’appel d’offres publiques dont l’acronyme contient les lettres A, M, P et tombe sur le site du réseau. Immédiatement happée par l’idée de s’approvisionner en direct et en frais, elle cherche un groupe près de chez elle ou de son travail. Rien dans le 16ème arrondissement, où elle habite. Versailles, où elle travaille, lui semble trop loin : Suresnes est pile entre les deux. La semaine d’après, elle se pointe à Suresnes. Le soir-même, elle est inscrite. Il se trouve que le lieu de distribution est magnifique et bucolique (c’est là que s’est installée depuis la fondation Good Planet). Donc en plus du plaisir des bons légumes, il y a celui du cadre et de la bouffée d’air frais qu’il procure, un sas de verdure entre le travail et la maison.

Sodeh est définitivement entrée dans les AMAP par le biais du goût. Elle n’en pouvait plus des légumes insipides et des supermarchés. Elle voulait que la nourriture ait du goût et que se nourrir ait du sens. En 2013, elle ne travaille plus à Versailles et n’a plus de voiture, mais il est hors de question de renoncer à l’AMAP : elle se tourne vers Sophie, la paysanne maraîchère, pour qu’elle l’aide à trouver une place dans un autre de ses groupes. Un an plus tard, elle rejoint les Volontaires.

L'inspiration de la ferme

Elle a vécu ses premières années d’amapienne de manière un peu passive, mais du jour où elle va à la ferme, tout change. Elle se pointe un dimanche de printemps pour récolter les petits pois : elle est en short et en petit top. En novice, pas de crème solaire, ni de chapeau. Elle rentre chez elle avec une insolation carabinée. Elle a la migraine et la nausée, mais elle n’a qu’une envie, c’est d’y retourner. Pour une citadine habituée au béton et amoureuse de Paris, la ferme a un effet magique, celui de déconnecter son cerveau et de procurer cette merveilleuse fatigue physique qui l’apaise comme jamais. Et puis il y a l’ambiance, le repas, l’atmosphère. Elle y retourne dès que c’est possible et y emmène tous les nouveaux venus dans le groupe. Elle sent que la ferme la reconnecte avec une partie enfouie d’elle-même, la Sodeh des champs, la fille de la nature. D’ailleurs, elle projette d’organiser au printemps une retraite de yoga dans la ferme de Sophie et Rémi, qui fait aussi gîte, pour pratiquer le yoga et travailler la terre, ce qui ne fait qu’un, selon son nouveau professeur indien.

Au bout d’une petite paire d’années chez les Volontaires, elle a pris la présidence, inspirée, au détour d’une AG. Elle a ensuite participé à la fameuse soirée organisée par le réseau en 2015 avec Vandana Shiva et elle s’est dit qu’elle était prête pour aller plus loin. C’est encore au détour d’une AG, du réseau cette fois, qu’elle s’est à nouveau fait aspirer et qu’elle a été élue administratrice en 2016. Pile à temps pour participer à la fête des dix ans des Millonets. Elle a eu le sentiment de ne pas être à la hauteur la première année. Tout lui paraît confus, complexe, elle ne comprend pas les sigles et les acronymes, et puis elle prend de la hauteur, aborde le sujet par le biais de ce qu’elle connaît, c’est-à-dire la communication. Elle se souvient encore de ce passage sur France Inter, son baptême du feu, pour parler AMAP dans une émission grand public sur l’alimentation au moment des fêtes. Elle se sent fière de la reconnaissance du réseau par la région, elle se réjouit que les actions du réseau laissent une trace dans les politiques publiques, mais aussi dans les consciences et les coeurs des gens.

Ce qu’elle retient de ces années au sein du réseau, c’est la découverte de la puissance du collectif, de l’impact des actions communes et des alliances quand on parvient à mettre son ego de côté. Elle a toujours cru au collectif, mais elle a appris et expérimenté sa dynamique. Si elle a le projet de bientôt quitter le collectif du réseau, elle a bien l’intention de continuer de s’engager dans le monde associatif. Elle aimerait pouvoir emmener plus de gens, atteindre d’autres consciences, aller parler d’écologie et d’alimentation dans des milieux moins privilégiés. Mais surtout, sa bonne résolution pour 2022, c’est d’emmener sa mère dans une AMAP, enfin !

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